Présidentielle – Victoire sans panache de Sassou Nguesso en téléchargement

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La campagne pour la présidentielle du 15 mars prochain bat son plein au Congo-Brazzaville, depuis le 28 février dernier. Mais la ferveur est à peine perceptible, comme si cette élection était le cadet des soucis des Congolais.

Les rues de Brazzaville et de Pointe-Noire, les deux principales villes du pays, ne reflètent pas l’ardeur politique habituelle que l’on pourrait attendre d’une élection présidentielle. Les affiches de campagne sont rares, et les rassemblements politiques se font discrets. Cette absence de ferveur s’explique en partie par la fatigue politique des Congolais, qui ont connu de nombreuses élections contestées et des périodes de crise depuis l’indépendance du pays en 1960.

Le président sortant, Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1979, sauf une brève période d’alternance de 1992 à 1997, brigue un nouveau mandat. Sa victoire semble acquise d’avance, ce qui contribue à démobiliser l’électorat. Les principaux opposants, comme Guy-Brice Parfait Kolélas et Gérald Obiang Ndong, peinent à mobiliser leurs partisans, confrontés à des difficultés logistiques et financières.

Par ailleurs, la situation économique du Congo-Brazzaville, marquée par une forte dépendance aux revenus pétroliers et une crise financière persistante depuis plusieurs années, occupe davantage les esprits que la campagne électorale. Les Congolais semblent plus préoccupés par leur quotidien, la hausse du coût de la vie et le chômage, que par les promesses des candidats.

Cette campagne électorale, dépourvue de l’énergie et de l’enthousiasme habituels, reflète une certaine lassitude de la population face à un système politique qui semble figé. La victoire de Denis Sassou Nguesso, si elle se confirme, risque d’être perçue comme une continuité sans surprise, un simple « téléchargement » d’un scénario déjà écrit, plutôt que comme un véritable choix démocratique.

Les observateurs internationaux, quant à eux, restent vigilants quant au déroulement du scrutin et au respect du processus démocratique. L’Union africaine et d’autres organisations régionales ont déjà annoncé l’envoi de missions d’observation électorale. Ces missions auront pour mission de veiller à la transparence du vote et au respect des règles établies, dans un contexte où la communauté internationale s’inquiète de la démocratisation des institutions en Afrique centrale.

En conclusion, la campagne pour la présidentielle congolaise se déroule dans un climat de tiédeur politique, où l’issue du scrutin semble d’ores et déjà connue. Les enjeux économiques et sociaux priment sur les considérations politiques, et la population semble plus intéressée par des solutions concrètes à ses problèmes quotidiens qu’au renouvellement de la classe politique. La suite des événements dépendra de la manière dont le président sortant, s’il est réélu, abordera ces défis et répondra aux attentes d’une population de plus en plus exigeante.

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