Brazzaville est en deuil. André Yabi Yabi, figure légendaire de Radio Congo, s’est éteint en ce 26 juin 2026, suscitant une vague d’émotion et de souvenirs chez les Congolais. Pour beaucoup, il était bien plus qu’un journaliste : une voix familière qui rythmait le quotidien depuis des décennies.
De la Voix de la Révolution Congolaise à Radio Congo, Yabi Yabi a incarné l’âme des ondes nationales. Sa voix puissante, reconnaissable entre mille, annonçait les programmes dès cinq heures du matin et veillait jusqu’à minuit. Un timbre de stentor dans un corps frêle, qui contrastait avec l’autorité naturelle qu’il dégageait derrière le micro.
Véritable monument de la radio, il a formé des générations d’animateurs, inculquant rigueur et passion. Jean Jacques Jarelle Sika, un de ses anciens élèves, témoigne : « Il m’a appris que le micro impose une responsabilité immense : informer, émouvoir, respecter l’auditeur. Son exigence a fait de moi le professionnel que je suis. Son enseignement ne s’éteindra pas. »
Ces dernières années, André Yabi Yabi vivait dans une grande précarité, une situation qui a ému ceux qui le croisaient dans les rues de Brazzaville. Son décès relance le débat sur le sort réservé aux serviteurs de la nation, souvent oubliés par les institutions.
Les hommages pleuvent sur les réseaux sociaux, chacun saluant le « Grand Chevalier du micro », ce passeur de mémoire qui restera à jamais dans le cœur des Congolais. Sa voix s’est tue, mais elle résonnera encore longtemps dans les foyers.
