Brazzaville, 18 juin 2026 – Face aux défis du changement climatique et à la pression phytosanitaire, une récente étude universitaire insiste sur l’urgence de varier les espèces d’arbres plantées dans la capitale congolaise. Présentée le 17 juin lors d’une soutenance de licence à l’Institut supérieur des sciences géographiques, environnementales et aménagement (Isgea) de l’Université Denis Sassou-Nguesso, cette recherche plaide pour l’abandon des monocultures arboricoles au profit d’une stratégie de diversification.
L’étudiante Alvira Baleza-Nobo, auteure du travail intitulé « Estimation de la biomasse aérienne et du stock de carbone d’alignement d’arbres urbains dans la ville de Brazzaville », a démontré que chaque arbre urbain stocke en moyenne 0,61 tonne de carbone, soit l’équivalent de 2,22 tonnes de dioxyde de carbone. La biomasse maximale enregistrée sur un spécimen atteint 6,28 tonnes. Ces chiffres soulignent le rôle clé des arbres dans la séquestration des gaz à effet de serre et la régulation du microclimat urbain.
Mais au-delà de la performance individuelle, l’impétrante met en garde contre les risques liés à la monoculture. « La propagation de maladies ou de ravageurs est beaucoup plus rapide quand on plante une seule essence. Diversifier, c’est renforcer la résilience de notre patrimoine arboré », a-t-elle expliqué. Le mémoire recommande ainsi au ministère de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement durable de privilégier un éventail d’espèces adaptées au climat local.
L’étude a couvert trois arrondissements de Brazzaville – Makélékélé, Poto-Poto et Ouenzé – avec des relevés effectués sur plusieurs avenues. À l’aide d’un GPS et d’un double décamètre, chaque arbre a été géolocalisé, mesuré et son stock de carbone calculé. Les résultats confirment que les alignements d’arbres en ville contribuent significativement à l’atténuation du réchauffement climatique, à condition d’être entretenus et protégés.
Parmi les propositions concrètes du document : renforcer les programmes de planting, assurer un entretien régulier, limiter les abattages non contrôlés lors des travaux urbains et réaliser des inventaires périodiques. La recherche encourage également les études scientifiques complémentaires pour mieux comprendre la dynamique des arbres en milieu urbain. La soutenance, saluée par le jury, a obtenu la note de 18/20.
