L’Agence Congolaise d’Information (ACI) a marqué son 65e anniversaire ce 30 juillet 2026 à Brazzaville, sous le thème évocateur : « L’ACI à l’ère du numérique : défis et perspectives ». Cette célébration a réuni responsables de l’agence, autorités de tutelle et partenaires, tous venus saluer une institution qui, depuis six décennies et demie, demeure la source d’information de référence pour le Congo.
Née avec l’indépendance, l’ACI a été le témoin privilégié des grands tournants de l’histoire nationale. Des journées d’août 1963 à l’assassinat du président Marien Ngouabi en 1977, en passant par l’accession au pouvoir de Denis Sassou-Nguesso en 1979, la Conférence nationale souveraine de 1991, le retour à la démocratie et l’élection de Pascal Lissouba, chaque étape a été couverte par ses dépêches. Plus récemment, l’agence a accompagné le processus de paix, les jeux Africains de 2015, la diversification économique ou encore la digitalisation de l’État, devenant la mémoire vive de la nation.
Cette longévité s’explique aussi par une active politique de partenariats. Membre fondateur de la Fédération Atlantique des Agences de Presse Africaines (FAAPA) en 2014, l’ACI a signé des accords avec plusieurs agences de renom, notamment la MAP marocaine, Xinhua, ITAR-TASS ou encore l’Agence Guinéenne de Presse. Ces collaborations ont permis des formations, des échanges d’expériences et une dotation en équipements modernes, renforçant ses capacités opérationnelles. Sur le plan national, le partenariat avec Les Dépêches de Brazzaville et avec l’Ong Pratic pour le numérique illustre cette volonté de synergie.
Cependant, à l’heure où l’information se consomme en instantané sur les smartphones, l’ACI doit relever le défi du multimédia. Comme l’a souligné l’éditorialiste Olga Rachelle Mangouandza, l’agence n’a d’autre choix que d’intégrer la vidéo, la photo et les réseaux sociaux professionnels pour capter les jeunes générations, sans renier sa rigueur.
« Le multimédia n’est pas une option de luxe, c’est la condition pour que l’ACI continue de porter la voix du Congo », estimait-elle. Concrètement, cela passe par l’équipement des rédactions, la formation au mobile-journalisme et la constitution d’archives numériques, seuls garants de la pérennité de 65 ans d’histoire.
À 65 ans, l’Agence Congolaise d’Information reste un carrefour incontournable où le Congo se raconte à lui-même et au monde. Portée par la confiance de l’État et le dévouement de ses équipes, elle s’engage désormais dans une mue numérique pour continuer d’être la première voix de l’information officielle, du village le plus reculé jusqu’aux capitales étrangères.
