Fonction publique congolaise : Pierre Mabiala lance une vaste réforme pour en finir avec les antivaleurs

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Le 23 juillet 2026, le ministre d’État en charge de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Pierre Mabiala, a marqué les esprits lors d’une communication musclée au Palais des Congrès de Brazzaville. Devant un parterre de directeurs généraux, directeurs centraux, responsables administratifs, agents civils de l’État et partenaires sociaux, il a posé les jalons d’une refonte radicale de l’administration congolaise.

Douze attributions pour une rupture

Se référant au décret du 26 juin 2026 fixant ses douze attributions ministérielles, Pierre Mabiala a rappelé l’étendue de sa mission : élaboration des textes, recrutement, gestion des carrières, formation continue, maîtrise des effectifs, contrôle de présence, promotion de l’éthique et de la performance, mise à la retraite, procédures de révocation, rationalisation et digitalisation des administrations. « Servir l’État, c’est servir loyalement, avec conscience professionnelle et sans discrimination », a-t-il martelé, insistant sur le fait que la fonction publique « n’est ni un privilège ni un instrument d’enrichissement personnel ».

Le catalogue des dérives mis au jour

Sans détour, le ministre a égrené une liste de comportements qui minent la gouvernance administrative :

  • Exigence de sommes d’argent pour délivrer des documents pourtant gratuits.
  • Perception indue de salaires par des fonctionnaires déserteurs, résidant à l’étranger ou décédés.
  • Utilisation frauduleuse de plusieurs matricules de solde pour empocher plusieurs rémunérations.
  • Existence de fonctionnaires partageant un même matricule.
  • Réseaux mafieux composés de fonctionnaires indélicats et de complices extérieurs, monnayant recrutements, avancements et dossiers de retraite.

À cela s’ajoutent l’absentéisme chronique, les retards répétés, les négligences professionnelles, le favoritisme et le non-respect du secret professionnel, qui « portent atteinte à l’autorité de l’État ».

Des mesures immédiates et une commission ad hoc

Face à ce constat, le ministre d’État a promis une « éradication non négociable » de ces antivaleurs. Une revue générale des effectifs et des positions administratives de tous les fonctionnaires a été lancée. Une commission de travail est déjà à pied d’œuvre pour apporter des solutions durables, avec un accent particulier sur la lutte contre les absences injustifiées et les salaires fictifs. Pierre Mabiala s’est engagé à veiller personnellement à l’exécution de ces réformes, tout en améliorant les conditions de travail des agents et la performance des services publics.

Ce vaste chantier devrait s’accompagner d’une digitalisation accrue, afin de moderniser l’administration et de garantir une meilleure transparence.

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